L’abeille et la pollinisation

Article mis en ligne le 2 mars 2011 par Apicultrice68
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Voici un résumé en images du phénomène de la pollinisation. En effet, l’abeille y joue un rôle crucial d’intermédiaire !

La pollinisation :

La pollinisation correspond à l’échange de pollen en vue de la fécondation de la fleur, donnant le fruit ou la graine.

abeille pollinisation fleur de pissenlit

Différents types de plantes :

- dioïque : se dit d’une plante qui possède chaque type d’organe reproducteur sur des plants séparés (plants mâles et plants femelles). Le houblon, le houx et l’ortie en sont des exemples.

- monoïque : ces plantes possèdent les organes mâles et femelles sur le même plant mais dans des fleurs séparées (fleurs mâles et fleurs femelles). Des exemples en sont le noisetier, le châtaignier ou encore le maïs.

pollinisation du noisetier

ci-dessus : A : chatons mâles (par 2) ; B : fleur femelle.

Le noisetier commun (Corylus avellana) est un arbrisseau au bois souple de 2 à 4 mètres de hauteur. L’espèce est monoïque, c’est à dire qu’elle porte à la fois des fleurs mâles et femelles. Les chatons mâles se forment au cours de l’été et sont assemblés par 4 ou 5 sur de courtes pousses non feuillées, longs de 3 à 6 centimètres. Sa floraison, intéressante pour les abeilles, s’étend de février à mars.

- hermaphrodite : les fleurs des plantes de cette catégorie disposent chacune des organes mâles et femelles. Le tournesol, la rose et la primevère en font partie.

Les groupes de pollens

Les pollens se divisent en groupes :

- Les pollens anémophiles sont transportés par le vent et sont donc adaptés à leur mode de transport. Ils sont lisses et légers, petits et produits en très grand nombre pour palier à un échange aléatoire dans l’espace.

- Les pollens entomophiles sont véhiculés par les insectes, par exemple les abeilles, les papillons, les diptères ou certains coléoptères. Ils présentent souvent des moyens d’accrochage avec ceux-ci lors de leur passage sur la fleur, au niveau de l’étamine (cf schéma ci-dessus).

Ils sont produits en moins grande quantité par les plantes (jusqu’à quelques milliers de moins) car ce mode de transport est plus ciblé jusqu’à une fleur de la même espèce, chaque insecte étant de plus souvent spécialisé pour récolter le pollen d’une ou plusieurs espèces en particulier.

Dans le cas de l’abeille, « la fidélité des abeilles n’est pas totale, et il arrive que, au cours d’un même voyage, les butineuses visitent plusieurs espèces. Ces « erreurs », tout comme les transferts de pollen entre ouvrières au sein d’une colonie, conduisent à des dépôts de pollen de différentes espèces sur un même stigmate et favorisent ainsi les croisements interspécifiques, autre élément important de l’évolution des espèces végétales », Traité Rustica de l’Apiculture, le rôle de l’abeille dans la biodiversité, 2008.

- Il existe d’autres modes de pollinisation possibles par des animaux tels que les colibris (ornithophilie) ou encore les chauves-souris (cheiroptérophilie).

3 saisons polliniques :

de janvier à mai : la saison des arbres

Elle débute fin janvier ou mi-février dans le sud par les pollens de cyprès, genévrier, thuya puis se poursuit par la saison des arbres à chatons : saule, peuplier, hêtre, châtaignier, chêne, charme, bouleau, aulne, platane ou encore le noisetier qui en est le précurseur. Le frêne et l’olivier sont présents sur 2 saisons, à savoir les saisons des arbres et des graminées qui se déroule au printemps.

de mai à juillet : la saison des Graminées

Toutes les espèces de la famille des Graminées ont des tiges creuses, rondes, ce qu’on appelle des « chaumes » et des feuilles alternes qui entourent plus ou moins longuement le chaume. Il s’agit généralement de fleurs hermaphrodites.

Des exemples connus sont la dactyle, le chiendent et l’ensemble des céréales (maïs, avoine, etc.)

Cette saison la plus connue des saisons polliniques, dont le temps fort se situe entre mai et juillet (parfois plus, suivant les régions et l’altitude). Les graminées regroupent plusieurs milliers d’espèces et sont présentes dans le monde entier.

de juillet à octobre : la saison des Herbacées

Les Herbacées sont, par définition, des plantes non ligneuses qui meurent après fructification.

Bien qu’elle débute souvent pendant la saison des graminées au printemps, elle s’en distingue
car elle se poursuit tout au long de l’automne.

En exemple, nous pouvons citer l’anémone sylvie qui fleurit de mars à avril dans nos bois, le trèfle dont la floraison peut, selon l’espèce, s’étendre du mois de mai à juillet ou octobre, tout comme la grande marguerite.

L’abeille et le pollen :

abeille corbeille à pollen

abeilles pollen ruche
Abeilles ramenant le pollen dans la ruche à l’aide des corbeilles situées sur ses pattes.

L’alimentation de l’abeille dépend de son âge et de sa caste. Elle repose sur le miel, élaboré à partir du nectar ou du miellat, de pollen et d’eau. Le miel constitue l’aliment énergétique tandis que le pollen leur apporte protéines et lipides.

Ci-dessous, vous pourrez trouver une présentation publique réalisées sur les produits récoltés par les abeilles et leurs rôles dans l’alimentation.

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Produits récoltés par l’abeille et leurs rôles

Des carences en pollen peuvent influencer les cycles des abeilles tout comme des pollens de mauvaise qualité. Il faut prendre en compte les conditions climatiques qui jouent un rôle important en matière de récolte. Pour en savoir davantage sur les facteurs de variation, veuillez vous reporter à l’adresse suivante : http://www.jacheres-apicoles.fr/index/chap-article/rubrique-43.

Les effets de ces carences nutritives sont très importants sur les colonies et, ce, principalement à deux moments de l’année : le début printemps et à la fin de l’année, lors de la préparation à l’hivernage. Ce mécanisme est très bien expliqué à la page suivante : http://www.jacheres-apicoles.fr/index/chap-article/rubrique-45#video3. Une alternative pourrait être l’installation de « jachères à intérêt apicole » qui serviraient à la nature, à la biodiversité ainsi qu’au bien être de l’abeille.

L’abeille et la biodiversité :

Il est à noter que, en-dehors de quelques exceptions, la fleur meurt sans fécondation, annulant ainsi toute possibilité de développer fruits ou graines qui sont pourtant à la base des chaînes alimentaires.

L’abeille est également utile à l’agriculture et son absence pourrait affecter la qualité (aspects, forme, taille, etc.) des récoltes. De plus, des études ont montré que l’abeille était responsable de plus de 80 % des transferts efficaces en matière de pollinisation, les 20 % restants étant accordés aux autres types de pollinisation (vent, autofécondation, animaux).

Un autre point très intéressant qui a été soulevé lors d’une étude est le rôle de l’abeille dans la suspension dans l’air du pollen, favorisant ainsi indirectement la pollinisation des plantes. Vous pourrez télécharger cette étude au format PDF, ci-dessous :

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Rôle de l’abeille dans la suspension du pollen
téléchargements Fichier(s) à télécharger :
  • Rôle de l’abeille dans la suspension du pollen
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