Retrouvez des précisions sur les frelons asiatique et européen : son identification, les dangers pour l’Homme et l’abeille, et les solutions.
Le frelon asiatique, Vespa velutina est un "petit" frelon d’origine asiatique. La sous-espèce Vespa velutina nigrithorax a été introduite en 2004 dans des plantes importées d’Asie. Aujourd’hui le frelon remonte rapidement : le front d’invasion progresse de 100km par an.
Le frelon est une réelle menace pour les apiculteurs puisqu’il s’attaque aux abeilles. Cependant, certaines techniques de piégeages existent, tout autant que quelques préjugés tenaces.
Le frelon asiatique ne doit pas être confondu avec notre frelon européen Vespa crabro [1].
Les différences sont facilement repérables au niveau des couleurs : le frelon asiatique est noir et brun sur tout le corps. Le quatrième segment de son abdomen est orange. Le frelon européen est principalement jaune et brun/rouge sur le thorax.
Vous pouvez observer ces différences sur les photos ci-dessous :
Frelon asiatique
(image sous licence Creative Commons, auteur "BlueGinkgo")
Frelon européen
(image sous licence Creative Commons, auteur Sven Teschke)
Consultez d’autres photos du frelon européen sur le site myrmecofourmis.fr.
Les nids du frelon asiatique sont plus volumineux : 60 à 80 cm de diamètre pour 80 à 100cm de hauteur [2]. Ils sont fait en "carton" : les frelons construisent le nid à l’aide de bois qu’ils mâchent. Les nids du frelon asiatique contiennent entre 1000 et 2000 individus et se situent plutôt à la cime des arbres, ils évitent cependant les résineux et les forêts denses.
Le frelon européen n’est pas très agressif [3], il se sauve généralement en premier ! Bien que sa piqûre soit très douloureuse, elle n’est dangereuse qu’en cas d’allergies. Attention, la composition du venin d’un frelon diffère de celle d’un venin d’abeille même si les deux restent proches.
Le frelon asiatique ne semble pas être plus dangereux que le frelon européen, le comité de coordination de toxicovigilance explique dans son rapport [4] que les dangers sont les mêmes pour les deux types de frelons, c’est-à-dire en cas de "piqûres multiples ou piqûre unique avec localisation muqueuse ou encore patient allergique au venin d’hyménoptère". Par ailleurs, il est également dit que "Les données éthologiques tendent à montrer que le risque de piqûres multiples n’est pas plus élevé qu’avec nos espèces autochtones."
Pour résumer, les piqûres de frelons sont dangereuses si :
vous vous faites piquer plusieurs fois
vous vous faites piquer sur les muqueuses (bouche, nez,...)
vous êtes allergiques
A noter que les frelons asiatiques ne risquent pas de piquer plus de fois la même personne que les frelons européens.
Le frelon devient particulièrement agressif lorsque l’on s’approche dans un rayon de 5 à 8 mètres du nid, ce périmètre est appelé "périmètre de défense du nid" et il est le même pour les deux espèces de frelons.
Le frelon asiatique s’attaque plus aux ruches que le frelons européen car il se nourrit principalement d’abeilles [5].
Il est cependant faux de dire que cinq frelons peuvent tuer une ruche, car ils s’y relaient. S’il y en a cinq en permanence, c’est que la colonie de frelons qui attaque est particulièrement populeuse.
Les frelons asiatiques peuvent donc affaiblir, voire détruire une ruche, mais la plupart des chiffres que l’on trouve sur Internet sont faux.
Le Musée National d’Histoire Naturelle (MNHN) déconseille le piégeage du frelon asiatique [6] et encore plus des reines.
Le piégeage pose problème car il tue un nombre énorme d’insectes utiles pour l’environnement voire pour la lutte contre le frelon asiatique. Dans un environnement perturbé, le frelon a plus de chances de s’installer.
Le MNHN recommande la destruction des nids de frelons asiatiques (il faut donc s’assurer de l’identification, pour ne pas détruire notre frelon). Seule la destruction semble être efficace, les techniques de piégeage étant pour le moment inutiles ou inadaptées.
Opération risquée, la destruction du frelon est à réaliser avec prudence ou à laisser faire par des professionnels. Il faut attendre le soir, quand les frelons ne volent plus, pour boucher l’entrée du nid après y avoir placé un insecticide. Le MNHN précise que les bombes d’insecticides sont déconseillées car elles permettraient aux frelons de déchirer leur nid et de se sauver, ou de vous attaquer.